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Cycliste tué à Mison : le chauffard condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis

Un homme de 44 ans, responsable de la mort d'un cycliste fauché sur une route à Mison en septembre 2017, avec délit de fuite, a été condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis. Alcoolisé au moment de l'accident, il avait laissé la victime agoniser sur la chaussée.

Le tribunal de Digne-les-Bains a condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis, un homme de 44 ans qui avait fauché un cycliste avec sa camionnette sur la route de Mison, le 26 septembre 2017, rapporte le dauphine.com ce vendredi. 1,8 g d’alcool par litre de sang.

L'auto-entrepreneur de nationalité portugaise, qui comparaissait détenu, avait fui la scène de l'accident sans s'occuper de la victime agonisante et sans alerter les secours.

Pendant l'audience, le prévenu a expliqué avoir paniqué. Les gendarmes interpelleront le chauffard deux heures plus tard. Les analyses révèleront un taux d'alcoolémie de 1,8 g d’alcool par litre de sang. "Il a roulé près de deux kilomètres avec une roue crevée sans se soucier de sa victime en train d’agoniser", s'est indigné la procureure de la République, qui a requis quatre ans de prison ferme plus six mois avec sursis et maintien en détention toujours selon le site d'information.

Le tribunal s'est finalement montré moins sévère envers le conducteur, qui a exprimé ses regrets et demandé pardon à la famille de la victime, en optant pour une peine de 5 ans de prison dont deux avec sursis est assortie d'une mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins.

Source : France Info (30 mars 2018)

Grâce à Facebook, les gendarmes retrouvent en deux jours l’auteur d’un accident

Les gendarmes d’Hallennes-lez-Haubourdin ont démontré l’utilité de leur page Facebook, la semaine dernière, à l’occasion d’un accident de la route. L’auteur s’est présenté après un appel lancé sur le site.

En plus d’être un formidable nouvel outil de communication pour les gendarmes d’Hallennes-lez-Haubourdin, Facebook a servi, la semaine dernière, à dénouer rapidement à un accident de la route. Le 8 mars, peu avant 22 h 10, un cycliste âgé de 57 ans est accroché par une voiture dans la rue de la Justice, à Wavrin. Le monsieur est pris en charge par les sapeurs-pompiers de Santes. Il est emmené à l’hôpital Saint-Philibert souffrant de plusieurs côtés cassées et d’une fracture de la malléole. Il est toujours hospitalisé.

Sur les lieux de l’accident, les gendarmes ne trouvent que des débris du véhicule qui a accroché le cycliste. L’automobiliste ne s’est pas arrêté. Les militaires trouvent néanmoins un phare avant droit ainsi que la vitre d’un rétroviseur droit en morceaux. Ils en déduisent que cette pièce vient d’une Citroën Saxo blanche. Quelques minutes après, le gendarme Delcroix, en charge de la police de sécurité du quotidien et de la page Facebook de la brigade, décide de poster sur cette même page un appel à témoins. Il va être partagé 785 fois et vu 55 000 fois.

Deux jours plus tard, une dame se présente à la brigade. Elle indique être la conductrice de la Saxo, que des amis lui ont parlé de l’appel à témoins sur Facebook et que c’est pour cette raison qu’elle est venue. Elle précise cependant qu’elle ne s’est pas rendue compte de l’accrochage avec le cycliste, mais qu’elle se rappelle plutôt avoir eu l’impression de rouler sur un nid-de-poule.
Cette étudiante de 33 ans, habitant Lambersart, a été entendue pour dégradations, reste à savoir si les gendarmes retiendront la circonstance aggravante du délit de fuite.

Source : La Voix du Nord (16 mars 2018)

Charente : 8 mois de sursis pour l’homme qui avait mortellement fauché un cycliste

En Charente, la justice a condamné hier un homme pour avoir renversé deux cyclistes il y a trois ans. L'un d'eux avait perdu la vie suite à cet accident.

Le conducteur qui avait fauché deux cyclistes à Vars le 9 mars 2014 a été jugé hier. Un des deux cyclistes âgé de 52 ans est décédé suite à cet accident.

Pour sa défense, le suspect a déclaré avoir été ébloui par un mur de soleil. L’homme, prénommé Noël a écopé de 8 mois de prison avec sursis. Le parquet avait requis un an de prison avec sursis.

Son permis a été annulé, avec interdiction de le repasser avant un an. Il a écopé de 300 euros d’amende et devra verser 1200 euros à chacune des parties civiles.

21-décembre 2017
Source : Lucie Chaussin (http://forum.fr/news/charente)


Tour : «On essaie de ne pas penser aux risques chaque matin»

Collisions, agressions par des automobilistes… Les cyclistes pros s’alarment de dangers accrus lors des entraînements.

  • Tour : «On essaie de ne pas penser aux risques chaque matin»

Le Tour de France, presque pépère. Malgré les éclats d’os et de chair laissés dimanche sur les routes du Jura, les coureurs craignent moins l’accident sur le Tour que lorsqu’ils s’entraînent chez eux, tous seuls, sans la gangue protectrice du peloton. Les faits divers de ces deux dernières années attestent que le boulot de coureur cycliste est très risqué, peut-être de plus en plus.

«Ça m’arrive souvent de me faire couper la route alors que je suis prioritaire, raconte Axel Domont, professionnel chez AG2R La Mondiale, qui se prépare autour de Chambéry (Savoie). J’ai eu un problème début juin, par exemple. Je ne me suis pas battu, parce que c’était une dame d’un certain âge que j’étais obligé de vouvoyer. Mais c’était pas loin !» Le face-à-face a tourné à l’agression physique pour un autre concurrent du Tour, Yoann Offredo (Wanty-Groupe Gobert). Fin avril, cet adepte des échappées roule avec deux copains en vallée de Chevreuse, au sud de Paris : «Un monsieur arrive en voiture derrière, nous colle de si près que, s’il avait pu écraser nos roues arrières, il l’aurait fait, a raconté Offredo au Parisien. De là, il nous double et frôle mon collègue sur la gauche puis pile d’un coup sec devant nous. On lui a dit "Putain abruti…", puis je remonte à sa hauteur, et là il attrape dans sa boîte à gants une lame, plus grosse qu’une lame de cutter.» Le cycliste a posté des photos de son visage tuméfié sur les réseaux sociaux. Le conducteur présente une autre version des faits, affirmant que le coureur l’a agressé en premier. L’affaire devrait être renvoyée devant le tribunal. «Yoann se concentre pour l’instant sur sa saison cycliste», fait savoir son équipe.

Invectives. Cet épisode a d’autant plus choqué la communauté des cyclistes que l’Italien Michele Scarponi, coéquipier de Fabio Aru (Astana), s’était tué deux jours plus tôt, le 22 avril, près de son domicile, dans la région des Marches. Le conducteur de camionnette, qui circulait en sens inverse, a déclaré avoir été aveuglé par le soleil. «On a peur régulièrement, mais on essaie de ne pas penser aux risques chaque matin en se levant», explique Romain Sicard (Direct Energie). Le grimpeur a renoncé à répondre aux invectives des automobilistes «pour ne pas envenimer la situation». «Quand on roule seul, passe encore, explique Romain Hardy (Fortuneo-Oscaro). Mais si on est à deux de front, les voitures veulent montrer leur impatience au moment de doubler. Alors elles nous frôlent. Si elles estiment leur distance, ça va encore. Sinon, on a droit à des coups de rétro dans le coude gauche.» Cet habitant de l’agglomération rennaise estime que les incidents, volontaires ou non, surviennent une fois toutes les deux sorties. «Pour moi, c’est tous les jours, témoigne Thomas Boudat (Direct Energie), qui vit à Gradignan (Gironde). Le problème, c’est que nous, on n’a pas de carrosserie.» Pendant que ces coureurs disputent le Tour de France, leurs camarades restés à la maison continuent leur quotidien sans barrières et sans escorte de police.

Les risques du Tour sont connus, amplifiés par la pression du résultat et la nature même de la compétition. Ils restent moins nombreux que ces accidents du travail qui touchent les cyclistes professionnels, en France ou ailleurs. Jérémy Roy, capitaine de route de la FDJ qui continue de s’entraîner dans sa région de Tours (Indre-et-Loire), a encore vu une voiture lui griller la priorité à un carrefour le week-end précédent. «Le chauffeur avait le portable vissé à l’oreille, dit-il. Je sentais le coup venir, donc j’ai anticipé en freinant.» Le coureur s’en tire avec une simple montée de peur. Comme souvent.

Impuissance. Roy, plus de quinze ans de cyclisme à haut niveau, trouve les comportements à vif sur les routes : «Les gens nous disent : "Poussez-vous, on bosse." Je réponds que nous, les cyclistes, on fait notre métier aussi.» Alexandre Geniez (AG2R La Mondiale) enregistre lui aussi un coup de chaud, voici dix jours, à la sortie de Rodez (Aveyron) : un véhicule se rabat trop vite et trop près. Pour l’éviter, le coureur doit sauter sur le bas-côté. Pas de chute, mais une lassitude qui s’installe : «On est un peu impuissants.» Son coéquipier Samuel Dumoulin : «Il y a des régions où ça se passe plus mal que chez moi [à Chambéry]. C’est en Paca, en Ile-de-France, dans le Var, dans les régions urbanisées, avec des gens pressés qui vont au travail.»

Libération a entendu parler d’un nouveau «jeu» apparu dans les Yvelines, où des automobilistes cherchent à toucher les cyclistes lorsqu’ils les dépassent, voire pilent brutalement devant eux. Légende urbaine ? Plusieurs coureurs des environs ont entendu parler d’une provocation de ce genre, à défaut de l’avoir subie eux-mêmes. Mais il n’existe pas de statistiques détaillées des accidents impliquant un vélo et un autre véhicule. Y a-t-il recrudescence ? Ou bien l’émotion est-elle démultipliée sur les réseaux sociaux, exacerbée par des affaires emblématiques, comme celles de Yoann Offredo et Michele Scarponi, ou les drames de cyclistes anonymes ?

Certains cherchent des solutions. Roy : «On devrait sensibiliser le public sur les distances de sécurité, mais à part ça, je crois qu’il n’y a pas grand-chose à faire.» Sicard : «Les cyclistes doivent être exemplaires eux aussi !» Le Breton Laurent Pichon (Fortuneo) : «Je m’entraîne sur des routes sans voitures, dans les Monts d'Arrée [Finistère]. Et j’accroche une petite lumière sous ma selle, pour être vu de loin, au cas où…» Yoann Bagot (Cofidis) a lancé en mai une application, Bike’n Connect, réseau social pour cyclistes : «On propose de choisir ses routes, son groupe de niveau… Ce serait bien qu’un cycliste ne fasse pas n’importe quoi dans un rond-point simplement parce qu’il est à l’agonie pour suivre ses camarades !»

A part ça ? «Il n’y a pas grand-chose à faire», admettent les coureurs. Peu se sont joints au mouvement «Mon vélo est une vie», qui a manifesté le 17 juin à Paris pour capter l’attention du public. Malheur d’un sport désuni et dépourvu de porte-voix crédibles. Les coureurs continueront en silence de risquer leur peau au fil des 26 000 à 30 000 kilomètres qu’ils ingèrent chaque année.

Article paru le 13 juillet 2017 (lire)