coup de chapeau
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- Chronique n° 70
 
 

Coup de chapeau à

Louise Armaindo

 

Coup de chapeau à ...

 

Louise Armaindo

 

 

A la fin du 19ème siècle, la femme cycliste, avec son aspiration à porter un vêtement masculin et sa conquête de la vitesse, de l'espace, de la liberté, et du plaisir, peut être considéré comme un des symboles de l'émancipation de la femme et de l'égalité des sexes.

Pour lutter contre ce que certains présentaient comme une grave menace pour l’ordre moral, des hommes sous le couvert de leurs compétences professionnelles écrivirent tout et n’importe quoi pour la sauvegarde de leurs valeurs.

« Pour les femmes, l’effet résultant de l’usage de la bicyclette est aussi très grave. Qu’on se souvienne des désordres, constatés médicalement, que causent les machines à coudre chez les ouvrières qui en font un usage constant et se livrent à cette fatigante occupation du matin au soir. Toutes sortes de maladies de genre spécial se sont révélées chez ces laborieuses, mais un fait particulier a été remarqué également, c’est le développement précoce dans ce milieu de travail de la nymphomanie et de l’hystérie caractérisée. La cyclomanie, en dehors de ses périls ordinaires, comporte pour les femmes les mêmes inconvénients que la machine à coudre. Elle amène les mêmes effervescences, les mêmes surexcitations lubriques, les mêmes accès de folie sensuelle. »

Dr Ludovic O'Followell, Bicyclette et organes génitaux J.-B. Baillière et fils, 1900

Dans un tel climat, faire de la bicyclette en compétition et ne pas avoir peur de se mesurer aux hommes étaient en soi un acte fort. On peut penser que beaucoup de femmes ont un instant, caressé elles aussi l’idée de devenir comme Arthur Augustus Zimmermann ou Frédéric de Civry en France, un grand champion, une star adulée et reconnue, vivant de sa passion et attirant les foules à chacune de ses démonstrations. La plupart renoncèrent avant le premier tour de piste tant la pression sociale était forte et difficile à supporter. Un homme pouvait devenir un champion, une femme ne pouvait être qu’une attraction, un objet de curiosité. Entre les deux, il y avait dans le regard des spectateurs, un fossé énorme. Seules les femmes des classes populaires se lançaient dans la compétition attirées par les gains qui leur permettaient d’envisager une vie meilleure.

Originaire de Saint-Clet près de Montréal au Québec, ou de Saint Anne selon d’autres sources, Louise Armaindo, née en 1861 était une petite brunette aux yeux noirs, qui n’était visiblement pas le moins du monde troublée par ces considérations. Son véritable nom aurait été Louise Brisbois, selon certaines sources qu’il ne nous a pas été possible de confirmer. La langue maternelle de Louise Armaindo, de part ses origines Québécoises, était le français, c’est pourquoi on la présente parfois comme « French-Canadian brunette ». Louise Armaindo c’est 1 mètre 58 et 55 kilos de muscles et de courage qui firent merveille sur les acrobatiques grands bis.

Sue Macy : Wheels of Change : “How Women Rode the Bicycle to Freedom (With a Few Flat Tires Along the Way)”, National Geographic, 2009

Les sources relatives à la carrière de Louise Armaindo sont fort peu nombreuses et souvent de secondes mains ce qui les rend finalement peu fiables. Il semble probable malgré tout qu’elle ait pratiqué l’athlétisme et que comme quelques autres athlètes femmes de l’époque, elle se soit ensuite orientée vers la vélocipédie. Par contre, on peut avoir beaucoup plus de doute sur de soi disant pratiques de cirque auxquelles elle se serait livrée. Elle aurait été capable de maintenir deux hommes au dessus du sol rien qu’avec ses dents, pendant une minute ou plus fort encore de soulever 700 pound soit 317 kilos… Un article du journal « The Evening Telegram » du deux juillet 1922, que nous reproduisons en annexe reprend toutes ces élucubrations. Laissons de côté tout ce folklore à la crédibilité douteuse et intéressons nous à la carrière vélocipédique de Louise.

Louise Armaindo apparaît pour la première fois sous les feux de la rampe en 1882, à l’occasion d’un match handicap à Boston. Ce défi opposa le champion américain John Prince et Louise Armaindo. Lors de cette course de 25 miles, Louise Armaindo reçu une avance de 5 miles. Les deux adversaires se livrèrent véritablement à une furieuse bataille et finalement c’est John Prince qui l’emporta d’à peine une minute.

Pour la première fois une épreuve à laquelle participe Louise Armaindo trouve un écho dans la presse américaine ce qui lui ouvre la porte à d’autres compétitions. En 1882, nous sommes encore à la préhistoire de la compétition cycliste. Les compétiteurs sont peu nombreux, les épreuves sont rares pour les hommes et plus encore pour la gente féminine. Qu’à cela ne tienne, le match qu’elle vient de disputer montre que Louise n’a peur de rien ni de personne et que courir face à des hommes n’est pas un souci pour elle. Dès lors, elle est présentée dans les documents de l’époque comme “The world-champion female cyclist of her time” (la championne du monde féminine de son époque). Aucun championnat du monde n’existant pour les féminines, il s’agit en fait d’un titre qu’elle s’est arrogée et qui, pour employer une expression moderne n’est qu’un argument marketing destiné à négocier de meilleurs contrats.

Les sources sont fort peu nombreuses à l’époque pour ce qui s’apparente à la fois à une compétition et à un show destiné à attirer des spectateurs. Entre les deux, la séparation est loin d’être aussi nette qu’elle peut l’être aujourd’hui ou en dehors des critériums, le caractère sportif est prédominant sur le spectacle dans toutes les épreuves cyclistes.

Louise Armaindo aurait battu un coureur américain de renom nommé le professeur Fred Rollinson, en trois courses de 20 miles, Rollinson lui accordant chaque fois deux miles de bonus. A Saint-Louis, elle a parcouru 617 1/2 miles soit environ 993 kilomètres en 72 heures, à raison de 12 heures par jour pendant six jours.

Cela représente une moyenne de 13,8 kilomètres par heure ce qui, même sur un grand bi, nous semble fort modeste en comparaison aux 1726 kilomètres qu’elle avala du 15 au 20 avril 1884, lors d’une course de 72 heures à San Francisco. La moyenne de 23,97 kilomètres / heure réalisée alors par la jeune femme est tout à fait intéressante.

 

Forte de ses performances, Louise Armaindo sait faire le spectacle sur et en dehors de la piste. Elle déclare alors qu’elle est prête à rouler face à n'importe quelle autre femme en Amérique et qu’elle est également prête à relever le défi face à des hommes, à la condition qu’on lui accorde cinq miles de bonus au départ d'une course de cinquante miles.

 

Il est à l’époque difficile de trouver des courses pour un coureur qui ne s’est pas fait une grande réputation, alors les compétiteurs se regroupent et sous l’égide d’un manager décrochent des contrats pour des épreuves diverses formant un spectacle susceptible d’attirer les foules. C’est ainsi que l’on retrouve Louise Armaindo dans un regroupement de cyclistes formé à Chicago et qui se nomme « The League of Champions ».

 

On retrouve dans ce groupe, outre W J Morgan, qualifié de champion des courtes distances, Henry W Higham présenté comme le champion d’Angleterre des longues distances, Fred S Rollinson, ancien champion et Thomas W Eck professionnel. A chacun sa spécialité et son titre de gloire. Le manager chargé de l’organisation des tournées d’exhibitions et courses pour l’équipe qui envisage de se produire en Australie et en Angleterre se nomme Fred J Engelhardt. (Gerald R. Gems,Linda J. Borish,Gertrud Pfister : Sports in American History: From Colonization to Globalization).

 

Ce team se compose de Louise Armaindo, Tom Eck, un cycliste professionnel canadien qui selon de nombreuses sources deviendra son mari. Nous ne connaissons pas la date de ce mariage qui aurait eut lieu après 1884 et qui est tenu pour réel pour la plupart des chroniqueurs, pourtant un article du New York Times en date du 6 octobre 1888 semble démontrer le contraire car on y apprend que Tom Eck se serait marié avec une très jeune fille de Minneapolis. Mariage ou pas Tom Eck fut l’entraineur et le manager de Louise Armaindo. Nul doute qu’il joua un rôle important dans sa carrière c’est pourquoi il convient de découvrir un peu mieux ce curieux personnage qui s’abritait toujours derrière de longues moustaches argentées.

 

 

 

 

Extrait de « La vie au grand air » Tom Eck , comme toujours affublé d’une paire de moustaches argentées est alors manager du team Johnson en tournée à Paris,

Collection de l’auteur

Né en 1853, Tom W Eck est une forte personnalité : d’abord coureur cycliste, puis entraîneur, manager, ce sera lui qui s’inspirant de ce qu’il a découvert en Europe sera l’organisateur de la première épreuve de six jours qui se déroulera sur le sol américain, Collaborateur de la marque Schwinn, Eck est un personnage incontournable du cyclisme américain de l’époque.

Personnalité singulière aux multiples facettes, Tom Eck fut selon certaines sources probablement fantaisistes, d’abord joueur de cricket, coureur à pied, patineur et même jockey avant de devenir cycliste professionnel. En 1886, il est le premier homme à parcourir 100 miles en moins de 6 heures, information là aussi non confirmée. Souvent comparé à Choppy Warburton, personnage très controversé du cyclisme européen, (voir coup de chapeau que nous lui avons consacré), Eck acquière très vite une grande réputation et il a bientôt sous sa direction quelques uns des meilleurs coursiers américains. C’est lui notamment qui réussit à convaincre le petit prodige gallois Jimmy Michael de quitter l’Europe et Choppy Warburton pour tenter sa chance aux USA. En 1886, selon le magazine « Outing », il est le manager de la première équipe de cyclistes amateurs effectuant une tournée en Europe. Les coureurs dirigés par Eck : Horace Crocker, F Knapp, Franck Dole, S. G. Whittaker, W. Christ et L. Barber, sont tous aujourd’hui d’illustres inconnus. Il s’occupa également de John Johnson lors de sa tournée Européenne en 1896 ainsi que de Robert « Bob » Walthour, le grand stayer américain, au début de sa carrière.

Thomas Eck est un homme rusé, sachant mener une guerre psychologique pour déstabiliser ses adversaires tant il est prêt à tout pour gagner ou faire gagner son poulain.

“He often glared at opponents before the start of the race in an attempt to unnerve them.”

Il regardait souvent fixement ses adversaires avant le début de la course dans le but de les énerver.

Major Taylor, qui eu affaire à lui en tant que manager d’un de ses adversaires, Cooper en parle en terme peu glorieux. Le poulain de Tom Eck, Tom Cooper ayant été battu à la régulière par Major Taylor, les deux hommes visiblement vexés d’avoir été dominés par un noir, refusèrent de le féliciter ou de simplement lui serrer la main.

« Neither Cooper nor Eck offered to shake hands with me at the close of the race, nor did they utter a word of congratulation” (Major Taylor: The Extraordinary Career of a Champion Bicycle Racer, par Andrew Ritchie).

Considéré par certains comme un promoteur rusé, pour d’autres comme un vulgaire affairiste (huckster), Eck est aussi un business man redoutable. Il organise des courses, trouve des contrats pour ses coureurs avec un objectif qu’il assume en tout honnêteté : l’argent. Il n’a pas d’état d’âme, pour lui le sport cycliste est un spectacle et comme pour tout spectacle, les artistes doivent être rémunérés à leur juste valeur. Il déclara ainsi en 1894:

“Racing at the present time as virtually become a business…A man who spends several years on the racing path and gives up his youth for the amusement of the public, should be well paid and have a balance to his credit at the end of his racing career”.

« Courir à l’heure actuelle est pratiquement devenu une entreprise… Un homme qui passe plusieurs années sur les pistes des vélodromes et qui abandonne sa jeunesse pour l’amusement du public, doit être bien payé et avoir à la fin de sa carrière sportive un solde positif ».

 

 

 

Eck est également l’auteur d’un petit opuscule « Points on training for wheelmen », où il prodigue quelques conseils d’entrainements pour les cyclistes. Comme de nombreux passionnés de la petite reine, Eck donne beaucoup de son temps pour l’amélioration des routes américaines en étant un membre actif de la « League for Good Roads », association militant pour l’amélioration des routes américaines. Plus tard, Tom W Eck deviendra également durant dix ans entraîneur des équipes de cross country et des pistards de demi fond de l’Université de Chicago. Louise Armaindo dont la carrière est désormais dans les mains de Tom Eck effectue de nombreuses exhibitions.

 

Il est intéressant de constater que dans cette société Victorienne où la femme est loin d’être considérée comme l’égal de l’homme, les victoires de Louise Armaindo face à des hommes ne semblent pas avoir soulevé de réaction de la part de ses hommes que l’on pourrait légitimement croire blessés dans leur fierté. Etait ce simplement le respect porté par le vaincu au vainqueur au-delà de son sexe ou de sa couleur de peau ou bien ces épreuves étaient elles, elles aussi arrangées, mises en scène et l’argent reçu par les adversaires de Louise achetait il, leur amour propre.

 

 

 

 

On la retrouve entre autre à the Athenaeum Gymnasium de Chicago, au Bismarck Grove dans l’Etat du Kansas. Dans bon nombre de cas, il s’agit d’exhibitions où chaque coureur joue sa partition selon un scénario bien organisé et non pas de véritables courses.

“At Bismarck, her five-mile race with a Mr. Eck for a purse of $300 attracted much attention. It was not much of a race (won by Armaindo), and according to the Leavenworth Times of September 7, 1883, would not have attracted any notice at all "had it not been for the scanty attire worn by Miss Armaindo."http://www.kancoll.org/

« A Bismarck, sa course de cinq miles contre Mr. Eck pour une bourse de 300 $ a attiré beaucoup d'attention. Ce n'était pas véritablement une course (remportée par Armaindo), et selon le Times de Leavenworth du 7 Septembre 1883, elle n'aurait pas attiré d'avis du tout "si ce n’est pour la minuscule tenue portée par Mlle Armaindo ».

Lisette, une championne française des années 1890, photographiée par Jules Beau dans une tenue décente…http://gallica.bnf.fr

 

Tenue sexy, victoire d’une femme sur un homme, décidément Tom Eck savait y faire pour attirer le public à une époque où la pudibonderie Victorienne condamnait l’usage féminin du Bloomers (sorte de pantalon popularisé par la féministe Amélia Bloomers) pour la pratique de la bicyclette. Dommage que nous ne puissions voir à quoi ressemblait l’équipement de Louise Armaindo mais il est probable que nous ne le trouverions probablement pas minuscule et à la limite de l’indécence comme le journaliste de l’époque le sous entend… Autre temps, autres mœurs…

Comme tous les vélocipédistes de l’époque, Louise ne se cantonne pas à un seul type de discipline et à un modèle unique de machine. On la retrouve ainsi sur piste, sur route, montant un grand bi ou un tandem avec la même aisance.

Installés à Saint Louis puis à Minneapolis à partir de 1884, Louise Armaindo et Tom Eck parcourent le pays en fonction des courses auxquelles ils participent parfois tous les deux. En 1889 on les retrouve même en Angleterre pour courir des 6 jours. La carrière de Louise Armaindo dura au total sept ans de 1883 à 1889 avec une interruption durant les années 1887 et 1888. Grossesse, accident, lassitude… nous n’avons trouvé aucune information qui pourrait expliquer cette pause de deux ans dans la carrière de Louise. Force est de constater qu’à son retour à la compétition les choses ont changé. Les épreuves réservées aux féminines ne sont certes pas légion mais elles se sont sensiblement développées de même que la concurrence et celle qui se présentait comme la grande championne de son temps n’est plus à la hauteur. C’est peut être là, dans ces défaites qu’il faut rechercher les raisons pour lesquelles, la petite canadienne arrêta définitivement la compétition à la fin de l’année 1889.

Hélas la gloire ne dure qu’un temps, et Louise malgré toutes les courses et toutes les épreuves auxquelles elle participa ne réussit pas à s’assurer un avenir paisible et à l’abri du besoin comme en témoigne l’article ci-dessous daté de septembre 1892.

There are many men who contest the tittle of father of American cycling, but there are no women who want to debate the claims of Louise Armaindo’s right to be called the mother of it . Louise was the first to claim for herself in the saddle, the first in the pockets of maker and public alike, and the first to claim for herself the proud tittle of “lady cyclist”. Louise raced men, women, horses, sheriffs, Ecks and almost everything else that thoughtit had any chance to do this fair and gentle queen of cycling. To-day the ex queen of the cinder path races back and forth through the length of a Minneapolis restaurant in the humble guise of a waiter girl. No longer comes to her shell-like ears the wild roar of the hayreubens as Armaindo defeats a wind-broken, spavinlegged trotter, or cast odium and gravel upon a defeated women competitor. Gone are those days of glory, gold and get there, and in their places cycling’s ex queen races ro the kitchen of a cheap restaurant for “one in the dark” or “slaughter in the pan”. How sad is the sight of fallen and forgotten royalty ?

Sporting Life, Philadephia, Pennsylvania septembre 1892 in Sue Macy : “Wheels of Change”

Il ya beaucoup d'hommes qui revendiquent le titre de père du cyclisme américain, mais il n'y a pas de femmes qui veulent s’opposer aux revendications de Louise Armaindo d'être appelée la mère de celui-ci. Louise a été la première à revendiquer pour elle-même, sur la selle, la première dans les poches des constructeurs et du public, la première à revendiquer pour elle-même le titre de "dame cycliste ". Louise a couru contre les hommes, les femmes, les chevaux, les shérifs, Ecks et presque tous ceux qui pensaient avoir une chance de vaincre cette reine belle et douce du cyclisme.

Aujourd’hui l’ex reine des pistes cendrées coure dans les deux sens à travers la longueur d'un restaurant de Minneapolis sous l’humble aspect d’une serveuse. Ne vient plus à ses oreilles le fracas sauvage quand Armaindo battît un trotteur boiteux et plein d’arthrose, ou la réprobation générale pour un concurrent défait par une femme. Fini les jours de gloire, d'or et de réussite, et à la place, l’ex reine du vélo entre dans la cuisine d'un restaurant pas cher pour “one in the dark” ou un “slaughter in the pan”.

Combien est triste, la vue d’une royauté déchue et oubliée ?

Exhibitions composées de matchs ou simplement de figures à vélo et véritables compétitions se mêlent et s’entremêlent allègrement dans la carrière de Louise Armaindo, à tel point qu’il est souvent difficile de saisir ce qui relève réellement de la performance sportive. Il convient pourtant de reconnaître en elle, une des toutes premières championne du cyclisme féminin. Une femme forte qui, pour tracer son chemin et vivre sa passion pour le sport, n’hésita pas à se mesurer à la gent masculine sous le regard trop souvent voyeur du public. Si comme le déclara la féministe américaine, Susan B. Anthony en 1896, « la bicyclette a fait plus pour l’émancipation des femmes que tout autre chose dans le monde »,* c’est aussi grâce à la volonté farouche de femmes qui ont montré la voie. Louise Armaindo, comme Elsa Von Blumen, Margaret Gast, Hélène Dutrieux fait partie de ces pionnières dont le courage et la détermination ne doivent pas être oubliés.

* “I think [the bicycle] has done more to emancipate women than anything else in the world”. 1896 Susan B. Anthony

Palmarès

21 au 26 mai 1883 course de 72 heures (6 x 12 h), à Chicago

  • 1ère Louise Armaindo battant ses deux adversaires masculins W J “Senator” MORGAN et William M WOODSIDE

18 au 23 juin 1883 course de handicap de 18 heures (6 x 3 h), Milwaukee

  • 1ère Louise Armaindo (30 miles bonus) bat ses deux adversaires masculins W J “Senator” MORGAN (12 miles bonus) et William M WOODSIDE (Scratch)

21 et 22 février 1884 San Francisco, course de 26 heures

  • 3ème Louise Armaindo

15 au 20 avril 1884 course de 72 heures, San Francisco

  • 1er aequo John S Prince et Louise Armaindo, 1073 miles

5 au 11 janvier 1885, Menphis, course de 48 heures(6 x 8 h)

  • 1er W J “Senator” MORGAN
  • 2ème Thomas W ECK
  • 3ème Louise Armaindo

15 et 16 janvier 1886, Minneapolis, course de 26 heures

  • Louise Armaindo bat Fred M Shaw, 182 miles

23 octobre 1886, Lynn, Massachussets

  • Record des Etats Unis de tandem associé à W. J. Morgan - 4 miles en 12 m 39 s - 5 miles en 15 m 47 s

Novembre 1886,

  • Record des Etats Unis des 24 heures en tandem associé à W. J. Morgan : distance parcourue 250 miles

20 au 26 décembre 1886, Minneapolis Six-jours

  • 1er W. J. Morgan 1405 miles 2ème Albert Schock 1165 3ème Louise Armaindo 1050

7 au 12-Janvier 1889, Omaha, 6x12 hr

  • 1 Wilbur F KNAPP 711 m 4 t
  • 2 Charles W ASHINGER 684m 2 t
  • 3 W J MORGAN 669 m 2 t
  • 4 F E DINGLEY 526 m 2 t
  • 5 Louise ARMAINDO 370 m
  • 6 Thomas W ECK 343 m 2 tours

13 au 18 mai 1889 Six jours (8 heures/ jour) course réservée aux féminines Madison square Garden New York

  • 1 Jessie OAKES
  • 2 Hattie BROWN
  • 3 Helen BALDWIN
  • 4 Louise ARMAINDO

24 au 28 décembre 1889 à Sheffield Angleterre 5 x 4 heures

  • 1ère Lottie STANLEY
  • 2ème May ALLEN
  • 3ème Jessie WOODS
  • 4ème Lillie WILLIAMS
  • 5ème Louise ARMAINDO [Source The New York clipper annual].

 

 

Pour en savoir plus

William Arthur Harper How You Played the Game: The Life of Grantland Rice, University of Missouri Press, février 1999

David V. Herlihy Bicycle: The History, Yale University Press; First edition, Octobre 2004

Sue Macy : Wheels of Change : “How Women Rode the Bicycle to Freedom (With a Few Flat Tires Along the Way)”, National Geographic, 2009

 

Jay Pridmore, Jim Hurd Schwinn Bicycles, Editeur : Motorbooks International, septembre 1996

 

 


 
 
     

 

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